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La Haute-Garonne, un espace tardivement rattaché au royaume de France

Toulouse a très tôt joué le rôle de capitale. Capitale des Volques Tectosages, peuple nomade venu de Galatie au IIIème siècle avant notre ère. Capitale un temps des Wisigoths, peuple descendu des terres germaniques à la fin du IVème siècle et profitant du déclin de l’empire romain. Capitale du royaume carolingien d’Aquitaine enfin, avant de devenir celle du comté de Toulouse créé en 778 par Charlemagne au retour de la défaite de Roncevaux décrite dans la chanson de Rolland.

Le royaume Wisigoth à son extension maximale, vers 500 Ap. J.-C.
IVème siècle Les Wisigoths arrivent à Toulouse avant de conquérir l’Espagne
778 Création par Charlemagne du comté de Toulouse
1099 Les Méridionaux sont à la pointe de la première croisade. Le comte de Toulouse refuse le trône de Jérusalem mais se taille un comté au Liban.
1208 Le légat Pierre de Castelnau est assassiné. Innocent III lance la croisade contre les Albigeois
1229 Traité de Meaux prévoyant le rattachement définitif du comté au royaume de France si le mariage entre Jeanne, héritière, et Alphonse, frère du roi de France, est sans héritier mâle.
La même année, les grands moyens sont mis en œuvre pour combattre l’hérésie albigeoise avec la création de l’université de Toulouse parrainée par les dominicains.
1271 A la mort de Jeanne et d’Alphonse, le comté de Toulouse devient partie intégrante du royaume de France.

1420 Toulouse et le Languedoc sont les derniers fidèles du dauphin Charles dans la guerre de Cent Ans. 7 ans plus tard, Jeanne d’Arc leur donnera raison.
1562 Les protestants investissent le Capitole. Les armées royales engagent une sévère répression et reconquièrent la ville. Castres, Montauban et l’Ariège sont les terres de la Réforme.
1629 Dernier soulèvement de la région, menée par un des pairs du royaume, le duc de Montmorency, décapité à Toulouse.
1762 Affaire Calas : Voltaire prend fait et cause pour ce Toulousain accusé sans preuve d’infanticide et s’en sert pour dénoncer l’arbitraire royal.
Révolution La Constituante crée le département de la Haute-Garonne
1870 Fondation de la Dépêche du Midi
1917 Installation de l’usine Latécoère à Montaudran
1920 Premiers barrages hydrauliques dans les Pyrénées
21 septembre 2001 Explosion de l’usine AZF. 30 morts et près de 2500 blessés.

C’est à partir du IXème siècle que la ville se développe, avec les comtes de Toulouse. La sépulture de l’évêque martyr Saturnin, massacré par les Romains au IIIème siècle devient le noyau de développement d’une nouvelle partie de la ville qui porte son nom (le bourg Saint-Sernin) et profite de l’afflux des pèlerins convergeant vers Saint Jacques de Compostelle (ces chemins sont désormais classés au patrimoine mondial de l’UNESCO).

Routes vers St Jacques de Compostelle ©jynus

En son sein, les Toulousains s’émancipent précocement du pouvoir comtal jusqu’à ce que leur autonomie soit reconnue par Raimond V à la fin du XIIème siècle. Le pouvoir est alors exercé par 24 consuls élus pour un an, les fameux « Capitouls », dont l’institution perdurera jusqu’à la Révolution. Ceux-ci rendent la haute et basse justice, peuvent percevoir des taxes et lever une milice bourgeoise pour assurer la défense de la ville. L’exercice de cette charge fort recherchée permettait d’acquérir la noblesse héréditaire, de se doter d’un blason et d’accéder à une reconnaissance sociale importante.

Toulouse est rattaché au royaume de France au début du XIIIème siècle, lorsque par le traité de Meaux de 1229, l’héritière du comté est forcée d’épouser le frère du roi de France : le rattachement définitif du Languedoc se fait en 1271 à la mort de ce dernier, sans enfant. Le territoire est alors marqué par d’importantes luttes religieuses.

A la suite de l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau, Innocent III lance la croisade contre les albigeois qui verra la mort de Simon IV de Montfort au cours du troisième siège de Toulouse (1218). Ce furent directement les rois de France, et en particulier Saint Louis, qui conduisirent eux-mêmes la croisade. Elle atteindra son paroxysme avec le siège de dix mois sur le piton rocheux de Montségur en 1244. L’Eglise associa la répression (création de l’Inquisition en 1231), la prédication (Saint Dominique fonde l’ordre des frères prêcheurs à Toulouse en 1215), l’édification des fidèles par l’érection de vastes églises gothiques méridionales et l’éducation (l’université toulousaine fut fondée en 1229). En 1444, Toulouse se dote du deuxième parlement de France, après Paris, qui affirmait dans la capitale régionale l’expression du pouvoir monarchique : la justice royale.
Trois siècles plus tard, le territoire sera particulièrement touché par les guerres de religion : Toulouse, réprimée sévèrement par les armées royales, devient une forteresse du catholicisme contre un Sud-Ouest de plus en plus protestant. La dernière grande révolte contre le pouvoir central, menée par le duc de Montmorency et Gaston d’Orléans, voit sa fin avec la défaite de Castelnaudary en 1632 et la décapitation du duc.

 

Parmi ses hommes célèbres, Toulouse revendique Jean Jaurès, né à Castres dans le Tarn, mais qui sera après de brillantes études, un maître de conférences apprécié à la faculté de Toulouse et un important contributeurs à la Dépêche du Midi. Il sera conseiller municipal puis maire adjoint de la ville.
La Haute-Garonne célèbre aussi deux Présidents de la République, Gaston Doumergue et Vincent Auriol. En fait, le premier n’a vécu que quelques années à Tournefeuille dans les années 1930 où son épouse avait acquis une maison. Vincent Auriol est, quant à lui, né à Revel. Sa licence en philosophie et son doctorat de droit à l’université de Toulouse lui ouvriront une carrière d’avocat. Elu député, puis maire de Muret et enfin conseiller général, il sera après le premier Président de la IVème République. Dans le domaine des Arts et Lettres, Toulouse a vu naître le chanteur-
poète Claude Nougaro.
 

 

 

Dernière mise à jour : 06/08/2009   Haut