Le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale de juin 2008 ambitionne de doter la France d’un « réseau d'alerte performant et résistant », en refondant le système actuel centré autour du Réseau National d’Alerte (RNA).

Un dispositif actuel d’alerte obsolète face aux besoins actuels

Dispositif actuel d’alerte

Le RNA a été créé dans les années 1950, afin de répondre aux problématiques d’après-guerre. Au XXI° siècle, ce système ne peut plus répondre aux enjeux actuels de protection des populations en cas d’événements de sécurité civile, tant dans sa définition que dans les conditions de sa mise en œuvre opérationnelle

Un projet de rénovation du système d’alerte et d’information des populations innovant

La prise en compte des risques auxquels les populations peuvent être soumises, qu’ils soient naturels, technologiques, ou sanitaires est indispensable.
Pour ce faire, un nouveau système d'alerte va être mis en place et pris en charge par la Direction de la Sécurité Civile du Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales. Ce système, dénommé SAIP (Système d'Alerte et d'Information des Populations), dont le coût de déploiement est estimé à environ 80 millions d’euros, présente, par rapport à l’actuel RNA, plusieurs innovations de taille.
En effet, l’éventail des risques couverts sera élargi à l’ensemble des événements de sécurité civile : catastrophes naturelles (inondation, séisme, tsunami,…), technologiques (accident industriel, transport de matières dangereuses…) et sanitaires, danger aérien ou spatial.
Le positionnement des moyens d’alerte sur le territoire sera repensé, notamment selon une logique de bassins de risques.
La mise en réseau de plusieurs types de moyens d’alerte est prévue, afin d’assurer l’information du plus grand nombre de personnes possible (sirènes, automates d’appel, panneaux à messages variables, partenariats avec les radios et télévisions du service public).
Enfin, l’utilisation des nouvelles technologies de la manière la plus adaptée et performante possible fait partie intégrante de ce projet. Les sirènes pourraient ainsi être déclenchées sur ordre du directeur des opérations de secours (préfet ou maire), de manière sélective sur un ou plusieurs bassins de risques, depuis un centre départemental, zonal ou national fonctionnant en permanence.

Un travail de recensement indispensable

Afin de pouvoir identifier les besoins permettant de mettre en place ce projet, un recensement des moyens d’alerte et d’information s’est avéré nécessaire.
Entrent dans le périmètre de ce recensement l’ensemble des sirènes, des panneaux à messages variables et des automates d’appel, tous propriétaires confondus (Etat, collectivités territoriales et exploitants de sites à risques).

Du fait de la diversité des moyens d’alerte et d’information à recenser, le recensement fait intervenir un nombre significatif d’acteurs, au plus près du terrain : 10 Etats-majors de Zone, 99 préfectures de département, 38 883 communes, 716 exploitants industriels soumis à plan particulier et 96 Services départementaux d’incendie et de secours. Ce recensement s’effectue au niveau départemental, sous le pilotage des préfectures, et via un outil informatique en ligne développé spécifiquement pour le projet.

L’implication des mairies est particulièrement importante dans cette démarche. En effet, le recensement doit également les servir dans leur mission de sécurité civile.

Ce recensement a eu lieu sur un temps très court (de mi-mars à fin avril 2010), afin de mobiliser conjointement l’ensemble des acteurs concernés.

L’analyse des résultats, la définition de la cible SAIP (permettant de fixer un niveau optimal de couverture des moyens d’alerte et d’information au niveau départemental) et la validation du parc à inter-connecter devraient avoir lieu d’ici fin 2010. Le déploiement du SAIP est prévu pour 2013.